Le ministère de la Santé a décidé de fermer en 2026 l’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC)*, fragilisée par un récent rapport de l’IGAS, et de transférer ses missions à d’autres opérateurs.

Les professionnels de santé pourront toujours suivre des actions de DPC en 2026, mais le dispositif devrait fonctionner en mode dégradé.

Dans son rapport, en mars dernier, l’IGAS a écrit que l’agence, ne fonctionnait pas, qu’elle ne servait pas à grand-chose, et qu’il fallait probablement la supprimer. L’IGAS exposait trois scénarios possibles pour remplacer l’ANDPC. Il n’y a aujourd’hui aucune lettre de mission, aucune visibilité sur la façon dont les choses vont se passer. On assiste au démantèlement d’une agence construite il y a dix ans pour organiser l’obligation du DPC. On va supprimer le DPC, le seul dispositif qui marche, pour lui préférer la certification périodique qui est très loin d’être applicable rapidement.

L’ANDPC disposait de l’expertise de 80 personnes pour gérer le dispositif du DPC, avec un système d’information parfaitement rodé et performant, pour gérer les organismes de formation, les actions de formation, la liquidation de ces actions de formation et des indemnités des professionnels de santé. 

Une administratrice provisoire de liquidation va être nommée, Sandrine Pautot, directrice du projet DPC, certification périodique, rattachée au ministère de la Santé. Elle est désormais l’interlocutrice de l’ANDPC et de la DGOS.

La DGOS veut fermer l’agence courant 2026, la démanteler vers les autres opérateurs de l’État. Elle prévoit de transférer le volet scientifique et pédagogique de l’ANDPC à la HAS, et de confier la gestion de l’enveloppe à France Compétences. 

Pour les organismes de formation, les orientations nationales 2023-2025, qui arrivaient à terme en 2025 ont été prorogées jusqu’en 2026. Les actions qui ont été déposées et sont valables encore deux ou trois ans, pourront être réalisées en 2026. Les opérateurs qui voudront déposer de nouvelles actions pourront le faire en 2026.

Rien ne change en 2026, mais le fonctionnement de l’ANDPC sera forcément impacté par ce qu’il se passe.

10% du personnel a démissionné ces derniers mois. D’autres sont en train de faire circuler leur CV. Les délais de traitement risquent de traîner. En 2026, le dispositif marchera mal.

On supprime une agence qui fait 240 millions d’actions de formation traçables et on entend Le Premier ministre dire « On va créer France Santé pour les CPTS, et on va y mettre 130 millions. » On se moque du monde.

L’obligation triennale DPC s’étalait sur 2023-2025. On aurait dû, si tout allait bien, travailler cette année sur les orientations nationales prioritaires 2026 et préparer les nouvelles modalités de mise en place des actions de formation et de leur financement. Pour l’instant, les orientations prioritaires sont reconduites par arrêté pour 2026 et les opérateurs peuvent déposer depuis octobre de nouvelles actions s’ils le veulent. Et leurs actions pourront être réalisées en 2026 si elles sont encore valides.

L’annonce de la disparition prochaine de l’ANDPC stupéfie ses 80 salariés. « Nous avons appris le 19 novembre par la DGOS que l’ANDPC allait être transformée mais il s’agit bien d’une disparition », confie à Medscape édition française Yanick Porchet, membre du Comité Social d’Administration (CSA) de l’ANDPC. Le CSA de l’ANDPC a écrit à la DGOS et à l’Assurance maladie pour demander une lettre de cadrage reprenant la décision ministérielle car jusqu’à présent, tout ce qui a été annoncé l’a été à l’oral. « Vous attendez de nous, agents de l’ANDPC, que nous poursuivions nos missions. Comment nous demander de rester opérationnels alors que nous n’avons pas la moindre visibilité, le moindre cap, la moindre garantie ? »

Depuis quelques jours, trois membres de la Direction interministérielle à la transformation publique (DITP) préparent le scénario de transition avant l’arrivée de l’administrateur provisoire de l’Agence le 12 janvier. Combien de temps se passera-t-il avant la disparition effective de l’ANDPC : Six mois ? Un an ? Dix-huit mois ?

Les professionnels de santé s’inquiètent de la période qui s’ouvre. Le Ministère prend le risque d’un effondrement du dispositif avec une perte de l’expertise médicale, la rupture de confiance des professionnels, et le découragement des organismes de formation. »  La disparition précipitée de l’ANDPC risque d’entraîner des ruptures d’accès à la formation, au détriment des professionnels et des patients.